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Zoom sur : Mélinée, doula en Normandie

Le métier de doula

La magie des réseaux sociaux fait qu’aujourd’hui, nous pouvons découvrir des personnes aux ressources insoupçonnées.
Aujourd’hui, nous recevons Mélinée. Elle est doula et habite en Normandie. Elle nous éclaire sur comment les doulas aident les futures mamans ou les mamans venant d’accoucher.

Pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Mélinée, je suis maman de deux enfants. J’habite en Normandie, près de Rouen. L’envie de devenir doula est venue à moi avec l’arrivée de mon deuxième enfant. Pour la naissance de ma fille il y a 5 ans, j’habitais chez mes parents temporairement. Au début, je ne vivais pas bien la situation. Au fil du temps, j’ai appris à prendre plaisir que quelqu’un d’autre me bichonne : ma maman. J’étais chez eux du deuxième trimestre de ma grossesse jusqu’aux trois mois de ma fille.

J’ai été entourée pas mal de temps. J’ai eu la chance d’avoir ma maman et mon papa auprès de moi. Je m’en suis vraiment rendue compte à mon deuxième enfant de cette chance parce qu’à mon deuxième enfant, je me suis sentie plutôt seule. Seule avec une montagne de choses à gérer dans la maison : la grande, la maison, les courses, la cuisine, l’administratif. Je ne pensais pas que cela puisse être aussi dur ! Au tout début, je me suis dit : j’ai déjà eu un enfant, ça va être hyper facile à gérer le deuxième et finalement ça a été très compliqué.

J’aurais eu besoin d’être épaulée avec mon fils. Surtout avant de reprendre mon travail. J’ai repris au bout de deux mois et demi. Je n’ai pas pu trop me reposer. Quand j’ai repris le travail, j’étais extrêmement fatiguée. Mon mari aussi. On parle très souvent de la fatigue des mamans mais on parle peu de la fatigue des papas. Et finalement, le papa absorbe aussi tout ça. Et lui reprend le travail bien plus tôt. J’ai fait une dépression post-partum. J’étais tellement fatiguée et on me demandait tellement au travail, je n’avais plus mes capacités intellectuelles à ce moment-là pour mener tout de front.

Je ne savais pas ce qu’était une doula. C’est à ce moment-là que j’ai découvert ce que c’était et que j’aurais eu besoin de cette présence, d’une tierce personne pour nous aider.

Est-ce que le mot doula a une signification particulière ?

Doula vient du grec ancien et veut dire « celle qui sert la mère » , « la femme esclave ». Le terme désignait la domestique qui s’occupait des tâches de la maison et en particulier des soins de sa maîtresse : la beauté, la santé, la grossesse et l’accouchement.

Peux-tu décrire ce qu’est être une doula aujourd’hui ?

C’est une femme qui a pour vocation d’accompagner et de soutenir la future mère et son entourage pendant la grossesse, l’accouchement, pendant la période post-natale grâce à son expérience et à sa formation. Aujourd’hui, il existe beaucoup de formations pour devenir doula. C’est un suivi qui est en parallèle avec un suivi médical. Une doula n’a pas de fonction médicale. Elle n’est pas thérapeute. Une doula soutient et travaille avec le corps médical. Elle accompagne sans discrimination liée aux origines, à la religion ou à la préférence sexuelle des parents. On accompagne la femme dans son désir de maternité.

Il existe aussi des doulas qui accompagnent les personnes en fin de vie.

Es-tu à 100% doula ou as-tu un travail à côté ?

Actuellement, je suis en cours de certification. J’ai fait ma formation l’an dernier (2020). La certification prend du temps. Je travaille encore à côté à mi-temps.

Combien compte-on de doula en France ?

Alors je serais incapable de répondre à cette question. Il n’y a pas de chambre de métiers de doula. Comme ce n’est pas une profession reconnue et réglementée en France, c’est difficile de donner un chiffre. Il y a beaucoup de formation de doula, à tous les prix et toutes les durées. Il y a des formations spécifiques au pré-natal, au post-natal. Beaucoup de doulas sont spécialisées dans une période de la maternité, selon notre vécu, nos expériences. On se tourne vers quelque chose qui nous parle.

Pour ma part, j’ai fait une formation post-natal parce que c’est quelque chose qui m’a manqué.

Les formations c’est bien, mais être doula c’est un savoir-être et non pas forcément un savoir-faire. C’est une passion, une envie forte et profonde d’accompagner ces femmes sur le chemin de leur maternité. De leur apporter une oreille bienveillante, de les soutenir dans leurs choix, de leur donner les clés pour mener leur projet de naissance.

Aujourd’hui, on voit encore beaucoup trop de femmes à qui on a volé leur grossesse, leur rêve. On n’a pas accès à leur suivi médical. C’est très médicalisé et très chronométré. Il est difficile pour une femme de s’épancher sur ses émotions lors de ces rendez-vous, ces visites de contrôle.

C’est là qu’interviennent les doulas pour apporter ce qu’il leur manque dans le suivi médical.

Pourquoi faire appel aux doulas ?

Les raisons sont assez variées. Certaines femmes voudront une personne à qui parler, avec qui partager ses émotions, ses craintes, ses doutes. On est très peu écoutée sur nos doutes. On pense que la maternité c’est naturel mais finalement on a plein de doutes. Et même au bout du 3ème, 4ème enfant. Chaque maternité est différente, est unique. Ça évolue, nos besoins évoluent au fil des maternités. C’est apporter un accompagnement parallèle au suivi médicalisé.

Peux-tu décrire concrètement ton suivi avec les mamans ?

Moi, c’est surtout du post-natal. Mais je vois certainement maman avant car je suis aussi monitrice de portage. Je suis praticienne en massage pré-natal.

Cela permet de créer du lien en amont et surtout lui expliquer que, si elle le souhaite, il existe cette aide après la grossesse quand elle revient à la maison.

Je propose un rendez-vous par semaine sur le premier mois de vie de bébé. C’est un soutien physique, émotionnel, logistique. Aider les mamans à gérer l’aîné ou les ainés : aller le chercher à l’école, l’amener à l’école.  Quand on a un petit bébé, c’est difficile de s’habiller vite le matin et de tout gérer.

Souvent dans mes rendez-vous il y a 3 temps :

on discute car l’écoute est très importante quand on est doula. C’est laisser la maman partager ce qu’elle veut déposer ce jour-là. Ça peut être le récit d’accouchement si celui-ci a été compliqué et que c’est nécessaire d’en discuter.

un temps de cuisine : soit j’apporte ce que j’ai fait, soit je cuisine chez elle. Elle peut le congeler par la suite pour avoir au moins un ou deux repas sains et déjà préparés. C’est très important de bien manger après l’accouchement pour bien récupérer. Souvent, on mange des cochonneries car on n’a pas le temps. Ça joue aussi sur la lactation si on mange bien. Quand on mange bien on se sent mieux et on est de meilleure humeur !

un temps de soin, de massage : resserrage du bassin, massage du dos, jambes, réflexologie plantaire.

Pour materner, il faut être materner. C’est hyper important car un nouveau-né demande beaucoup d’attention. Il faut répondre à ses besoins. Pour pouvoir y arriver au mieux, c’est bien que quelqu’un puisse s’occuper de nous. Souvent le papa est dépassé par tout ça, ce qui est normal ! C’est très compliqué aussi pour eux.

Quelle est la place de l’autre parent par rapport à la doula ?

Ça peut être une force. Il arrive que les papas soient frileux. Ils se disent qu’ils peuvent y arriver. Les 15 jours de congé paternité passent très vite. Le papa se réveille la nuit quand bébé pleure. L’endormissement chez les mamans est plus rapide grâce aux hormones alors que le papa, lui, aura un peu plus de mal à se rendormir rapidement.

Notre rôle c’est aussi d’être l’interlocutrice de la maman ET du deuxième parent. On peut aussi répondre à ses besoins, ses questions. On peut lui apporter de l’aide pendant l’accouchement. Même si je fais des aides post-natal, j’aime bien voir les parents avant. On peut lui transmettre des outils utiles pendant l’accouchement : des gestes, des massages pour soulager les douleurs.

Finalement, le papa se dit que c’était top. Tout va tellement vite.

Quand peut-on en contacter ? À quel moment de la grossesse ?

Il n’y a pas de règle. On parle du post-partum immédiat mais souvent le papa et la maman ont besoin d’aide un peu plus tard. Au post-partum immédiat, le papa est en congé, on a les visites, on a la famille, du monde, qui vient nous aider. C’est après le premier mois où on se sent seule. Quand papa retourne travailler, que les visites se terminent. On se retrouve en tête-à-tête avec son bébé. Parfois, cela peut être difficile à gérer.

Parfois, il y a des post-partum qui peuvent durer un an voire deux ans. Il n’y a vraiment pas de règle.

Une doula peut aussi être là lors de la conception et pour l’accompagnement de fin de vie.

Où se déroulent les consultations d’une doula ?

Il y a des doulas qui ont des cabinets parce qu’elles font d’autres choses à côté : sophrologue, reflexologue, etc.

Pour ma part, je suis à domicile car en post natal c’est beaucoup plus facile. C’est compliqué de dire à une maman qui vient d’accoucher rendez-vous à telle heure à tel endroit. Selon la sieste de bébé, on peut perturber le rythme.

Comment contacte-t-on une doula ? Par quel biais ?

Il existe des organismes de formation qui recensent les personnes formées. Un super groupe existe sur facebook : https://www.facebook.com/groups/trouversadoula

Il y a beaucoup de mamans qui postent pour trouver une doula. Il existe aussi des associations qui commencent à se créer. Nous n’avons pas d’ordre comme les médecins, les sage-femmes.

Combien coûte une consultation ?

Il n’y a pas de prise en charge. Peut-être qu’un jour cela viendra. C’est aussi pour cela que les associations se créent, pour faire entendre ce besoin qu’ont les femmes en France.

En terme de prix, comme ce n’est pas réglementé, c’est difficile de donner un ordre de prix. Certaines travaillent en tarif heure, d’autres proposent des forfaits. On est moyenne entre 20€ et 40€ de l’heure.

Comment contacter Mélinée ?

: Autour d’Elle
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